La respiration : une fonction à la fois automatique et consciente
La respiration est l’une des rares fonctions vitales qui se régule automatiquement pour
nous protéger et assurer notre survie, tout en pouvant aussi être influencée par
contrôle volontaire.
Le corps respire pour nous, naturellement, sans que nous ayons à y penser. Et pourtant, il
nous est aussi possible de ralentir, d’approfondir, d’accélérer, de suspendre ou d’orienter le
souffle en conscience. Cette rencontre entre l’automatique et le volontaire fait de la
respiration une voie privilégiée nous permettant de réguler le système nerveux, soutenir la
présence à soi et accompagner des états intérieurs très variés.
On pourrait presque dire qu’il s’agit d’un Cadeau du Divin :
une fonction vitale déjà offerte pour nous garder en vie, et en même temps une porte de
conscience que nous pouvons habiter, affiner et utiliser pour revenir à l’équilibre, à la
présence et au vivant en nous.
La dimension symbolique du souffle
Le souffle porte aussi une dimension profondément symbolique :
au sortir du ventre de notre mère, l’entrée dans la respiration marque la grande transition
vers la vie aérienne et autonome. D’un point de vue poétique et existentiel, on peut y voir un
premier geste identitaire — le commencement d’une manière singulière d’être au monde,
de prendre place, de se relier à la vie par soi-même. Car l’acte même de respirer nous met
en lien avec l’ensemble de la création….
Le Breathwork
Le Breathwork est une pratique qui utilise le souffle de manière intentionnelle pour
soutenir la présence à soi, la régulation du système nerveux, la circulation de l’énergie
vitale et l’exploration intérieure.
Respirer est un acte naturel. Le Breathwork nous invite à en faire un acte conscient, parfois
doux, parfois intense, afin de rencontrer plus pleinement le corps, les émotions, l’élan vital,
la conscience et la qualité de notre présence. Certaines approches respiratoires sont
associées à une diminution du stress perçu et à des effets intéressants sur la régulation
autonome, même si les effets varient selon le type de respiration, l’intensité de la pratique
et la personne.
Conscience respiratoire et respiration consciente
Il est utile de distinguer la conscience respiratoire de la respiration consciente, même si
les deux sont intimement liées.
La conscience respiratoire désigne la capacité à observer et à sentir sa respiration telle
qu’elle est : son rythme, son amplitude, ses blocages, sa fluidité, ses pauses, son impact
sur le corps, les émotions et l’état intérieur. C’est une qualité de présence, d’écoute et de
perception.
La respiration consciente, quant à elle, implique que nous intervenions volontairement
sur le souffle. Nous choisissons alors de respirer d’une certaine manière — plus lentement,
plus profondément, plus rythmiquement, par le nez ou par la bouche, avec ou sans pauses
— afin de produire ou d’accompagner certains effets physiologiques, émotionnels,
énergétiques ou méditatifs.
Autrement dit, la conscience respiratoire consiste d’abord à écouter le souffle.
La respiration consciente consiste à faire danser le souffle.
Approche du souffle
Mon approche joue avec les deux. Pour moi, le souffle est plus qu’une fonction biologique :
il devient un langage, un passage. Il permet de voyager au cœur de nos paysages
intérieurs.
Grâce à la respiration, nous pouvons ralentir, nous recentrer, nous apaiser, nous dynamiser,
ouvrir un espace de clarté ou traverser des états plus profonds. Selon les rythmes, les
intensités et les séquences respiratoires proposées, la pratique peut favoriser l’ancrage,
l’ouverture émotionnelle, la vitalité, l’intuition, l’expansion de la conscience, et, chez
certaines personnes, des sensations d’extase, d’éveil sensuel ou de profonde communion
intérieure. Ces dimensions subjectives existent dans certaines pratiques respiratoires
intenses, bien que leur intensité varie beaucoup d’une personne à l’autre.
Sensations et réactions possibles
Le Breathwork peut susciter différentes réactions physiques, émotionnelles et
psychologiques.
Il est possible de ressentir, selon les séances et selon sa sensibilité :
• détente profonde ou activation importante ;
• chaleur, frissons, vibrations ;
• picotements ou fourmillements dans les mains, le visage ou le corps ;
• sensations de légèreté, de flottement ou d’expansion ;
• étourdissements ;
• émotions qui remontent, larmes, rire, libération émotionnelle ;
• sensation d’ouverture du cœur, états méditatifs ou extatiques ;
• éveil sensuel, intensification du ressenti corporel ;
• fatigue passagère ou besoin de repos après la séance.
Dans certaines pratiques plus actives, notamment lorsqu’il y a hyperventilation
contrôlée, une baisse temporaire du CO2 peut entraîner une alcalose respiratoire
transitoire, ce qui peut provoquer des paresthésies (picotements), des vertiges, des
tensions musculaires et parfois de la tétanie. La tétanie se manifeste généralement par
des crispations ou contractions involontaires, surtout dans les mains, les avant-bras, les
pieds, les mâchoires ou le visage. Elle peut-être impressionnante, mais elle est sans danger
et se résorbe rapidement en revenant à une respiration normale. Elle demeure néanmoins
un signal important indiquant une forte modification de l’équilibre respiratoire. C’est
aspects qui fait qu’elle est utilisée dans les pratiques chamaniques de presque toutes les
traditions, notamment pour incorporer les animaux Totem (sensation de museau qui
pousse, de serres d’aigles, etc.)
L’intérêt de la respiration consciente
La respiration consciente permet de développer une relation plus fine avec ses états
intérieurs.
Elle peut aider à :
• mieux sentir son corps et ses limites ;
• réguler le stress et l’agitation ;
• retrouver de l’espace intérieur ;
• soutenir la concentration et la présence ;
• remettre du mouvement dans ce qui est figé ;
• renforcer le sentiment d’être vivant·e, habité·e, relié·e.
Certaines pratiques respiratoires peuvent aussi favoriser une plus grande variabilité dans
nos états de conscience et nous donner accès à des zones de nous-mêmes moins
facilement accessibles par la pensée seule.
Hyperventilation contrôlée, O2, CO2 et NO
Certaines formes de Breathwork utilisent volontairement une respiration plus ample, plus
rapide ou plus soutenue. On parle alors parfois d’hyperventilation contrôlée.
Lorsqu’elle est bien encadrée, cette manière de respirer peut mobiliser fortement l’énergie,
intensifier les sensations corporelles, favoriser certaines libérations émotionnelles et
modifier temporairement l’état intérieur.
Dans l’approche que je vous propose, nous allons jouer avec l’équilibre subtil entre
oxygène (O2), dioxyde de carbone (CO2) et oxyde nitrique (NO).
• L’oxygène (O2) soutient le métabolisme cellulaire et la production d’énergie.
• Le dioxyde de carbone (CO2) n’est pas un simple déchet : il participe à l’équilibre
acido-basique, au réflexe respiratoire et à la libération de l’oxygène dans les
tissus, notamment par son rôle dans l’affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène.
Lorsque le CO2 chute trop rapidement, cette libération peut devenir moins efficace.
• L’oxyde nitrique (NO), produit notamment dans les voies nasales, est associé à la
vasodilatation, c’est-à-dire à la dilatation et à l’assouplissement des vaisseaux
sanguins, ainsi qu’à certaines fonctions de régulation respiratoire et circulatoire. La
respiration nasale augmente l’exposition à ce NO d’origine nasale et peut avoir un
effet bénéfique sur la régulation de la pression artérielle et la santé du système
cardiovasculaire.
Mon approche : les chorégraphies respiratoires
Dans mon travail, le souffle est abordé sous forme de chorégraphie respiratoire.
Cela signifie que je compose les séances comme des parcours vivants, faits de rythmes, de
pauses, d’intensités, de sons, de mouvements, de musique, de directions du souffle et
d’intentions précises.
Il ne s’agit pas seulement de “respirer plus”.
Il s’agit de respirer avec conscience, avec écoute, avec passion et parfois avec
précision, pour ouvrir un espace favorable à ce que nous cherchons à rencontrer :
apaisement, vitalité, libération, expansion, centrage, intériorité, sensualité, intégration,
enchantement, joie...
Divers types de respirations proposés
Selon les séances, je peux utiliser différentes familles de respirations. Les appellations ci-dessous relèvent de cadres de pratique et d’écoles de Breathwork, et non d’une
nomenclature médicale standardisée.
Respiration Haloactive
Respiration Triactive
Respiration Bliss
Respiration de feu
Respiration élémentale rythmique
Respiration soufflée
Respiration lunaire
Une pratique puissante, à vivre avec conscience
Le Breathwork est une pratique profondément transformatrice.
Il peut ouvrir de nouveaux espaces de présence, de liberté, de vitalité et de sensibilité. Il
peut aussi parfois remuer, bousculer, révéler et intensifier certaines expériences
intérieures.
C’est pourquoi cette pratique demande :
• de l’écoute de soi ;
• du respect de ses limites ;
• un cadre clair ;
• un accompagnement adapté ;
• et, lorsque nécessaire, des précautions particulières.
Conclusion
Le souffle peut devenir un allié immense. Il est reliance, ressource, connexion
et mérite d’être approché avec conscience, présence, ouverture, curiosité, humilité et
responsabilité.
Au plaisir de respirer ensemble!
Maira 🌿
